Comment est-on Amazone au 21eme siècle sans ouverture sur l’extérieure (vers l’information) ?
C’est la question que ma camarade me pose ce beau matin du 31 juillet 2024, journée internationale de la femme Africaine. Dans ma boule de quotidienneté, entre tâches domestiques et correspondances de travail, j’ignorais complètement l’importance de ce jour. C’est une journée fêtée par l’Union Africaine en l’honneur de l’anniversaire de la fondation de l’Organisation Panafricaine des Femmes, créée en Tanzanie en 1962, un an avant l’Organisation de l’Unité Africaine, aujourd’hui nommée Union Africaine.
Le mot Amazone est d’origine Européenne. L’étymologie du mot suggère une origine soit Grecque soit de l’ancienne Perse. Cela nous donne deux possibles interprétations. En perse ancienne, le mot hamazan signifie guerrier, d’où, l’interprétation moderne de Amazone, femme guerrière. En revanche en grecque ancien, le mot mazós, veut dire sein ; le mot Amazone ferait donc référence à la croyance grecque de ce que les femmes guerrières se coupaient le sein droit afin de mieux tirer à l’arc.
Voilà qu’en réfléchissant sur la question de ce matin, je me demande en premier si je suis une Amazone. Bien évidement je n’irai pas en guerre et certainement, ne me couperai pas le sein droit ! Néanmoins, c’est un titre auquel j’aspire désormais et que j’utilise de façon respectueuse avec mes collègues amies et sœurs de la Fondation Reine Hangbe. Pourquoi ? C’est très simple, c’est parce que pour moi cela représente la femme de résistance, la femme indépendante, la femme qui ne croit pas aux définitions limitées de ce qu’est une femme selon les systèmes patriarcaux.
Je crois en la force des femmes, leur capacité à réaliser tout ce qu’elles désirent, leur potentiel en tant qu’êtres humains et même, leurs pouvoirs supra naturels en tant que créatrices, protectrices et mères. Être femme pour moi, c’est être tout cela et beaucoup plus, et quand on ajoute la volonté de s’épanouir et créer sa propre voie, différemment de ce que le patriarcat s’attend d’elles, elles deviennent les Amazones des temps modernes. En vivant ainsi, la femme, mieux, l’Amazone moderne, vit avec beaucoup de pressions dans son quotidien. Non seulement elle doit effectuer ses tâches traditionnelles, s’occuper de sa carrière, son éducation ou autres contributions sociales, mais elle doit aussi supporter le poids psychologique, émotionnel et spirituel du combat quotidien contre le statuquo.
Au milieu de tout cela, ma foi, c’est facile d’oublier le calendrier des festivités globales ! Surtout que dans ce monde de jour en jour plus compliqué, la liste des festivités et célébrations est assez longue ; Voici ce qu’une simple recherche sur Google nous donne pour la seule journee du 31 juillet : Journée Nationale de l’Avocat, Journée Nationale du Gâteau aux Framboises, Journée Nationale du Mutt, Journée Nationale du Saut pour les Jelly Beans, Journée Black Tot… et plus encore ! Comment donc rester au-dessus de l’information plus relevant pour nous ?
Simplement en s’entourant de copines, sœurs et camarades ! Nous ne pouvons pas tout faire ou nous souvenir de tout, toutes seules. Mais ensemble on peut y arriver. L’ocytocine est une hormone fondamentale pour le bonheur et la santé de la femme. Une des sources de l’ocytocine est la communication sous toutes ses formes : art, dance, passage chez la coiffeuse, séances de massages etc.), en somme, le partage entre femmes. Bavarder, rire ensemble, est une nécessité au féminin ! Ce n’est pas facile d’être femme, femme Africaine, encore moins Amazone Africaine ; mais ce qui nous a toujours soulagées et qui continue d’être notre force, c’est la solidarité. La compassion et la solidarité chez la femme Africaine sont des valeurs tout à fait naturelles. Quand elles sont cultivées sainement, on accède à un potentiel infini pour l’épanouissement, non seulement individuel, mais aussi celui de nos communautés et celle des générations futures. On comprend donc aisément pourquoi justement, l’union des femmes Africaines a précédé et ouvert les portes à la formation de l’Union Africaine.
Je souhaite donc à toutes mes sœurs du continent de se rappeler de se soutenir l’une l’autre et d’avoir plus de compassion pour le poids et les charges qu’on a en commun. Appelez quelqu’une aujourd’hui pour lui rappeler qu’elle n’est pas seule dans son monde mais qu’aujourd’hui on fête l’union qui fait notre force. Courage à toutes mes Amazones !
Si tu veux aller vite, marche seul mais si tu veux aller loin, marchons ensemble. (Adage Africain)
Flora DOMENIS
Thérapeute de psychologie et médicine indigène, Fondatrice de Golden Legacy ONG pour l’épanouissement d’une nouvelle génération d’Africains et la renaissance des cultures Africaines